La Voix des sans-papiers N° 13

Bulletin du mouvement et des collectifs de lutte autonomes
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Europe : la barbarie !

La voix des sans-papiers N°13. 3 septembre 2015

Vintimille, Paris, Calais… Combien d’autres endroits, rien qu’en France ? Dans combien d’autres pays, en Europe ?… Personne ne sait, tant la banalité du mal envers les sans-papiers et réfugiés est devenue monnaie courante nationale, en Europe et notamment en France.

À Paris, depuis l’évacuation violente de la Chapelle, début juin, on a perdu le compte des campements dressés et des opérations de balayage social des campements. Pour Calais, l’ONU est (une deuxième fois) intervenue, rappelant à l’État français son devoir de respect des droits de l’homme. Et à Vintimille ? Les migrants – hommes, femmes, enfants, femmes enceintes, familles entières avec enfants, raflés dans Nice et la Côte d’Azur par centaines, puis reconduits en petits groupes à la frontière franco-italienne, refoulés au-delà en pleine et bien rodée illégalité d’État – on connaissait ça à Vintimille. Continuer la lecture de Europe : la barbarie !

CISPM : Les milliers de morts en Méditerranée, un crime contre l’humanité

La voix des sans-papiers N°13. 3 septembre 2015

(23 avril 2015. Ce courrier, adressé entre autres aux plus hautes autorités européennes, de l’Union africaine et de l’ONU, il n’a pas, par un défaut de coordination interne, été envoyé tel quel. À sa place, une version italienne antérieure et pas assez forte. Nous le publions ici comme « lettre ouverte » à tous les précédents destinataires. La CISPM va l’expédier par la poste au Pape, cité du Vatican, à qui aussi il devait être envoyé et ne l’a pas été.)

Messieurs les Présidents,

La Coalition internationale des sans-papiers, migrants, réfugiés et demandeurs d’asile souhaite exprimer, par ce courrier, son horreur et son indignation devant les crimes sans nom – et notamment le massacre de dimanche dernier – qui ne cessent de se perpétrer en mer Méditerranée, aux frontières sud de l’Europe, contre les migrants venant de l’autre rive. Continuer la lecture de CISPM : Les milliers de morts en Méditerranée, un crime contre l’humanité

Nous sommes tous des réfugiés économiques !

La voix des sans-papiers N°13. 3 septembre 2015

C’est le cri d’alarme et d’indignation des migrants sans-papiers subsahariens, de ceux du moins venus des pays francophones d’Afrique.

Cri d’alarme parce que, parmi les migrants noyés en Méditerranée, morts dans le désert libyen, il y a souvent leurs frères, arrivant des mêmes familles, villages, régions. Eux-mêmes sont souvent passés par d’inimaginables épreuves, et ils essayent depuis des années de faire entendre leurs voix à une France officielle incapable d’écouter leurs appels et leurs raisons. Pour en appeler à la plus haute autorité de l’État, la CSP75 et la CISPM avaient demandé, il y a un an, à être reçues à l’Élysée – sans même mériter une réponse. La Voix des sans-papiers avait cherché à tirer la sonnette d’alarme, dans son numéro du 12 novembre 2014, en montrant qu’« à chaque clôture rajoutée à leurs frontières, les pays européens signent l’arrêt de mort de milliers de personnes ». Continuer la lecture de Nous sommes tous des réfugiés économiques !

Réfugiés de La Chapelle : Demandeurs d’asile ou sans-papiers ?

La voix des sans-papiers N°13. 3 septembre 2015

On ne compte plus, au gré de la mobilisation sécuritaire et répressive et de la barbarie civilisée des pouvoirs et organes d’État, les expulsions qu’ont subies les réfugiés érythréens et soudanais (et somaliens, syriens et autres…) depuis l’évacuation de leur campement métro la Chapelle, à Paris, le 2 juin. Demba, du mouvement des sans-papiers, a été dans la lutte au jour le jour depuis le commencement. Pour donner une idée de l’enfer d’errance parisienne que traversent ces gens dénués de tout, écoutons son témoignage. Il posera en même temps la question centrale de l’unité de lutte, qu’abordera ensuite Sissoko, porte-parole CSP75 et CISPM. 

« … Quinze jours au jardin Bois Dormoy ; ensuite, on a essayé d’occuper Saint-Bernard, mais le désaccord entre soutiens a donné aux CRS le temps d’arriver… On a dormi à la salle en face de l’église, une nuit. Le lendemain, on est allés à Pajol, puis, quelques jours après, évacuation… Continuer la lecture de Réfugiés de La Chapelle : Demandeurs d’asile ou sans-papiers ?

La France ou le Mali « patrie des droits de l’homme » ?

La voix des sans-papiers N°13. 3 septembre 2015

De tout temps les hommes ont exprimé, de diverses manières, leur droit à l’égalité et à la justice – comme dans ces paroles divines parvenues jusqu’à nous du fond des âges de l’ancienne Égypte : « J’ai créé la crue [du Nil] pour que tout pauvre puisse en profiter autant que le riche… J’ai créé chaque homme égal à son voisin. »

Sans remonter aux époques les plus reculées, bornons-nous à rappeler ici le célèbre « Serment des chasseurs » (Donsolu kalikan, en malinké), qui, de griot en griot, nous est venu du début du XIIIe siècle de notre ère, de la fondation de l’empire du Mali par Soundjata Keïta. Ses « sept paroles », mieux connues sous le nom de « Charte du Manden » (Manden kalikan, serment du Manden) depuis qu’elles sont inscrites au « Patrimoine culturel immatériel de l’humanité » de l’UNESCO, sont considérées par nombre d’historiens africains comme « la première déclaration des droits humains connue au monde », antérieure de plus d’un demi-millénaire à la déclaration des droits de 1789. Que déclaraient-ils donc les chasseurs maliens ? Continuer la lecture de La France ou le Mali « patrie des droits de l’homme » ?

Une journée avec les migrants de Vintimille

La voix des sans-papiers N°13. 3 septembre 2015

Ce récit (recueilli fin juillet) est de Simone, CISPM-France. Deux précisions pour le lecteur. Le rétablissement de fait et la remilitarisation de la frontière, côté français, quoique n’ayant fait la une des médias que récemment, remontent au début des « printemps arabes », à l’afflux de jeunes migrants tunisiens en 2011. À Menton-Garavan, première gare ferroviaire en France, les TER sont systématiquement fouillés par la police, souvent avec la collaboration des agents SNCF. Contrôles au faciès : peu à peu, de petits groupes d’hommes, de femmes et d’enfants se forment sur le quai, alors seulement le train peut repartir. C’est ainsi chaque jour, à chaque train, depuis des années. Sur la Croix-Rouge italienne, nous avons le témoignage d’un migrant : certains refusent ses aides parce qu’elle les fiche sous prétexte de leur donner des soins : nom, prénom et tout. « La Croix-Rouge collabore avec la police. Autour du centre il y a plein de voitures de police. Continuer la lecture de Une journée avec les migrants de Vintimille