L’illusion du pouvoir : La guerre continue

La voix des sans-papiers N°14. 21 janvier 2016

Quelle guerre ? La guerre aux migrants du Sud du monde.

Quel pouvoir ? Celui des États, et leur illusion de tout pouvoir : même contrer le cours de l’histoire et stopper les mouvements de populations fuyant les conditions économiques, politiques, climatiques créées chez elles par le Nord du monde. L’illusion de se croire tout permis : y compris le droit de livrer la guerre au droit à la vie de millions d’hommes, de femmes, d’enfants de pays ravagés par la misère et les crises, par les conflits armés et économiques exportés par les pays du Nord partout dans le monde.

À en croire les experts de l’Ined [Institut national d’études démographiques] et d’autres organismes d’études (internationaux et nationaux, ONU, États-Unis) sur la population mondiale, celle-ci passerait de 7,3 milliards en 2015 (estimation) à 9,8 milliards en 2050 (projection), Continuer la lecture de L’illusion du pouvoir : La guerre continue

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CISPM : Les milliers de morts en Méditerranée, un crime contre l’humanité

La voix des sans-papiers N°13. 3 septembre 2015

(23 avril 2015. Ce courrier, adressé entre autres aux plus hautes autorités européennes, de l’Union africaine et de l’ONU, il n’a pas, par un défaut de coordination interne, été envoyé tel quel. À sa place, une version italienne antérieure et pas assez forte. Nous le publions ici comme « lettre ouverte » à tous les précédents destinataires. La CISPM va l’expédier par la poste au Pape, cité du Vatican, à qui aussi il devait être envoyé et ne l’a pas été.)

Messieurs les Présidents,

La Coalition internationale des sans-papiers, migrants, réfugiés et demandeurs d’asile souhaite exprimer, par ce courrier, son horreur et son indignation devant les crimes sans nom – et notamment le massacre de dimanche dernier – qui ne cessent de se perpétrer en mer Méditerranée, aux frontières sud de l’Europe, contre les migrants venant de l’autre rive. Continuer la lecture de CISPM : Les milliers de morts en Méditerranée, un crime contre l’humanité

Nous sommes tous des réfugiés économiques !

La voix des sans-papiers N°13. 3 septembre 2015

C’est le cri d’alarme et d’indignation des migrants sans-papiers subsahariens, de ceux du moins venus des pays francophones d’Afrique.

Cri d’alarme parce que, parmi les migrants noyés en Méditerranée, morts dans le désert libyen, il y a souvent leurs frères, arrivant des mêmes familles, villages, régions. Eux-mêmes sont souvent passés par d’inimaginables épreuves, et ils essayent depuis des années de faire entendre leurs voix à une France officielle incapable d’écouter leurs appels et leurs raisons. Pour en appeler à la plus haute autorité de l’État, la CSP75 et la CISPM avaient demandé, il y a un an, à être reçues à l’Élysée – sans même mériter une réponse. La Voix des sans-papiers avait cherché à tirer la sonnette d’alarme, dans son numéro du 12 novembre 2014, en montrant qu’« à chaque clôture rajoutée à leurs frontières, les pays européens signent l’arrêt de mort de milliers de personnes ». Continuer la lecture de Nous sommes tous des réfugiés économiques !

En images : Rassemblement contre les naufrages en Méditerranée – Des Ponts pas des murs. Paris, 22/05/15

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En images : Manifestation UNSP en hommage aux Migrants morts en Méditerranée. Paris, 24/04/15

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Communiqué : Manifestation Paris le 24 avril 15h Place de la République – CSP75/CISPM

21 avril 2015 – Communiqué CSP 75/CISPM

La Coordination 75 des Sans Papiers (CSP 75) et la Coalition Internationale des Sans Papiers et Migrants (CISPM), appellent :
l’Union Nationale des Sans Papiers (UNSP), les collectifs de Sans Papiers, les citoyens, les étudiants et lycéens, les associations, les syndicats, les Sans Voix, les partis politiques à manifester vendredi 24 avril 2015 pour rendre hommage à nos soeurs et frères morts dans le cimetière qu’est devenue la Mer Méditerranée.
Rassemblement à 15h métro République, à Paris, la manifestation ira en direction de l’Institution Européenne et de l’Assemblée Nationale.
La CSP 75/CISPM appelle à une manifestation internationale et à un soutien des différentes capitales et villes européennes.

Cette semaine plus de 1 250 personnes (plus de 800 morts et 28 rescapés pour le dernier naufrage) ont trouvé la mort en voulant rejoindre l’Europe de la liberté, surnommée l’Europe Forteresse. Bien évidement nous n’oublions jamais les centaines de milliers de migrants aussi décédés ces dernières années. Les pays de l’Union Européenne s’indignent faussement de ces hécatombes à chaque fois qu’elles surviennent.

Migrants sans-papiers, persécutés, noyadés, massacrés : Martyrs de la liberté et de l’humanité sans frontières

La voix des sans-papiers N°12. 12 novembre 2014

Combien de morts ? Personne ne sait, personne ne saura jamais.

Pour qu’enfin apparaisse publiquement la véracité du cri d’alarme lancé depuis bien des années par les migrants subsahariens : la traversée de la Méditerranée se fait au prix d’énormément de noyades, il aura fallu qu’un pays, l’Italie, y déploie pendant un an les moyens de sa marine militaire (coût affiché entre 9 et 10 millions d’euros par mois) : officiellement, pour sauver les migrants, en fait pour mettre la pression médiatique sur l’Europe et la faire participer aux frais des contrôles de ses frontières sud. Dès lors, le nombre de morts est apparu impressionnant : depuis janvier « au moins 3300 », écrit Le Monde.fr du 31 octobre, et l’Organisation internationale pour les migrations en comptait 3072 le 29 septembre. Continuer la lecture de Migrants sans-papiers, persécutés, noyadés, massacrés : Martyrs de la liberté et de l’humanité sans frontières

Nous comptons nos morts : assez, le trafic d’êtres humains !

La voix des sans-papiers N°12. 12 novembre 2014

Familles de Bafoulabé, Mali

Le 14 juillet dernier une embarcation de fortune, parmi tant d’autres, a naufragé au large des côtes de la Libye, emportant sa cargaison de vies humaines. À son bord, 110 jeunes Maliens venant la plupart du cercle de Bafoulabé, au sud-est de Kayes, à l’ouest du Mali. Un seul rescapé.

« Les médias nationaux français excepté RFI n’ont même pas donné la nouvelle », dit Diaby. C’est un constat amer, dans la bouche de ce travailleur malien immigré en France en 1979. Amer et édifiant sur la qualité et la déontologie de l’information faite en France sur les noyés de l’autre rive, ces milliers de « morts de la mer » que l’impudence légale d’État continue d’appeler des immigrants « clandestins ». Continuer la lecture de Nous comptons nos morts : assez, le trafic d’êtres humains !

Anzoumane Sissoko, CSP75 : Majorité et minorite : les minorités y passent

La voix des sans-papiers N°12. 12 novembre 2014

Nous avons mené notre enquête auprès des familles à Paris, à Bamako, aux villages. Il apparaît que si ce naufrage a eu lieu [voir article p. 2], c’est à cause des méthodes de la filière des passeurs. Un des responsables est originaire de Sélinkégny, cercle de Bafoulabé. Il avait un correspondant passeur malien en Libye, chargé de prendre les « clients » à Bamako, à Gao. Après le désert (soit par le Niger soit par l’Algérie), ils travaillent avec les passeurs libyens qui font construire à peu de frais des barques destinées à disparaître en mer. Tout ce qu’ils perdent, eux, c’est les moteurs. Comment s’y prennent-ils ? Ce qui suit pourra sembler une histoire à dormir debout, mais c’est ce qu’ils font. De vrais criminels assassins.

Quand ils embarquent des gens, il y a une majorité, par exemple malienne, et des minorités, par exemple sénégalaise ou mauritanienne, etc. Continuer la lecture de Anzoumane Sissoko, CSP75 : Majorité et minorite : les minorités y passent

L’État et les familles

La voix des sans-papiers N°12. 12 novembre 2014

Le 14 septembre, pour commémorer les 109 morts par noyade du 14 juillet, et pour débattre des moyens de prévenir de tels drames, se sont réunies à Bagnolet avec les sages les familles maliennes de la région parisienne. Était présent, comme représentant du gouvernement malien, le vice-consul, et il est intervenu deux fois : d’abord pour affirmer, ensuite pour nier, que le gouvernement vise à « lutter contre ce phénomène » (de « l’émigration clandestine ») en faveur de la seule « émigration légale ». Une fois les débats clos, et l’assistance déjà en train de partir, voilà que s’amène d’un pas ferme un homme bien bâti, bien portant, bien mis, la quarantaine à peu près, entouré de deux autres plus jeunes mais tout aussi en costard et costauds. C’était le représentant du ministre des Maliens de l’extérieur venu pour dire : que « le gouvernement a mis en place un système pour rapatrier ceux qui prennent la route du désert », mais que, vu l’insuffisance des « moyens », « il est difficile de récupérer » tous ces gens, Continuer la lecture de L’État et les familles

Migrants sans-papiers maliens : Une guerre qui ne dit pas son nom

La voix des sans-papiers N°12. 12 novembre 2014

Djibril et Lamine, jeunes frères sans-papiers, natifs de Bamako, ex-étudiants en droit, sont arrivés en France depuis peu. Partis respectivement en février et en mars derniers, ils ont pris, parcours obligé pour tant de migrants subsahariens plus ou moins désargentés, la route du désert en passant par la Libye, puis la Méditerranée et l’Italie.

« D’abord, au Mali, depuis le début de la guerre dans le nord, l’université est en crise permanente : grèves illimitées des professeurs sans paye, grèves illimitées des étudiants pour leurs droits. Aux revendications traditionnelles (avant tout les bourses, sans bourses les étudiants des familles modestes ne peuvent pas poursuivre leurs études) s’ajoute aujourd’hui celle du droit à des cours réguliers, sans années blanches : ça a été le cas en 2012, et ça a risqué de l’être aussi en 2013. Continuer la lecture de Migrants sans-papiers maliens : Une guerre qui ne dit pas son nom

Compte-rendu : Manifestation contre Frontex à Dakar racontée par Afrique-Europe-Interact, 10/02/11

10 février 2011 – Afrique-Europe-Interact

Manifestation contre Frontex

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A la fin du Forum social mondial et de la caravane, un cortège de manifestants s’est mis en route vers le bureau de Frontex.

Le 10 février au matin, quelques 600 personnes répondaient à l’appel à protester « Contre la mort de milliers de migrants aux frontières extérieures de l’Europe », en défilant depuis la Poste de la Medina jusqu’au bureau de Frontex sur la place d’Oran à Dakar.