La Caravane CSP75-CISPM pour le FSM 2015 de Tunis

Partie de Paris le samedi 14 mars, la caravane de la CSP75-CISPM a rejoint le Forum social (FSM) de Tunis qui s’est tenu du 24 au 28 mars 2015, après être passée par l’Espagne et le Sud de la France où elle a rencontré des collectifs de migrants.

Elle a été rejointe à Tunis par une caravane venue d’Afrique, la délégation de l’association Droits Ici et Là-bas Mali (DIEL Mali) partie, elle, de Bamako, pour être porteurs ensemble d’un message commun : le droit à la liberté de circulation et d’installation, le droit à l’émigration et à l’immigration. Les délégations ont pu témoigner plus particulièrement, pour la Caravane venant de Bamako, des problématiques de l’émigration Sud-Sud et Sud-Nord et, pour la Caravane venant d’Europe, de la dégradation, en fait et en droit, de la condition des Sans-papiers et Migrants en France et en Europe.

Revendications portées au FSM 2015 de Tunis :

  • Le droit à la libre circulation et à la libre installation.
  • La fermeture des centres de rétention pour les Sans-papiers et demandeurs d’asile, en association avec la campagne Frontexit qui exige le démantèlement de l’agence Frontex.
  • L’arrêt des expulsions du pays d’accueil et des zones extraterritoriales destinées à l’externalisation des expulsions hors de l‘Europe.
  • La régularisation de tous les Sans-papiers dans un titre de séjour pérenne (la carte de 10 ans pour la réalisation d’une insertion réussie) et la réduction des taxes afférentes.
  • La promulgation du droit de vote et de l’éligibilité à toutes les élections pour les migrants régularisés.
  • Le respect inconditionnel du droit d’asile.
  • L’égalité de plein droit entre nationaux et migrants régularisés (accès au travail, à la santé, à l’éducation, à la culture, en particulier accès à tous les métiers selon les compétences, lutte contre la dé(dis)qualification professionnelle des migrants).
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La Marche du Grand Paris UNSP du 7 septembre au 6 octobre 2013

À l’automne 2013, à l’initiative de l’Union nationale des Sans Papiers ou UNSP, s’est déroulée une grande marche des Sans Papiers à travers l’Île-de-France avec pour objectif final l’Élysée, pour « dénoncer la politique du gouvernement à l’égard des Sans Papiers » – en particulier la Circulaire Valls de 2012 – et porter les revendications de l’UNSP.

Partis le 7 septembre de la place de la République à Paris, les marcheurs ont terminé leur périple le 6 octobre 2013. À l’arrivée de la marche à Paris, une délégation des marcheurs a été reçue officiellement au Palais présidentiel de l’Élysée le 5 octobre et la délégation a pu remettre ses doléances.
Dans l’histoire de la lutte des Sans Papiers, c’était la première fois que les Sans Papiers étaient reçus à l’Élysée, victoire symbolique.

Avant cela, les migrants et Sans Papiers de l’UNSP avaient sillonné les villes du Grand Paris en une longue marche : Le Mesnil-Amelot, Torcy, Melun, Évry, Palaiseau, Versailles, Plaisir, Saint-Germain-en Laye, Cergy, Pontoise, Argenteuil, Sarcelles, Saint-Denis, Bobigny, Vincennes, Créteil, Choisy-le-Roi, Antony, Boulogne-Billancourt, Nanterre et enfin Paris et l’Élysée.

Ils ont été à la rencontre des élus et des habitants des quartiers, pour « questionner les pouvoirs en place sur les répercussions que peut avoir sur notre avenir la transformation à l’échelle d’une vingtaine d’années de l’agglomération parisienne en une métropole à dimension européenne et mondiale » et pour « attirer l’attention de tous, et des pouvoirs publics en particulier, sur les interstices, les zones fragiles, les angles morts, les parts d’ombres, les hors-champ, tout ce monde des “sans” que le projet aura négligés, oubliés. »
En cours de route, des débats ont eu lieu avec les habitants des quartiers, et notamment auprès des jeunes, mais aussi devant les centres de rétention, les sous-préfectures et les préfectures, étapes majeures à partir desquelles le parcours s’est imposé, avec les revendications de l’UNSP suivantes :

  • la régularisation de tous les Sans Papiers,
  • la fermeture des centres de rétention administrative (CRA),
  • l’arrêt des expulsions,
  • le respect du droit d’asile,
  • la promulgation du droit de vote pour les étrangers, promesse du programme de campagne de François Hollande.

En clôture de la marche, les marcheurs de l’UNSP participèrent à la Roma Pride le 6 octobre 2013 à la Bastille à Paris.

L’occupation de la Bourse du travail et de Baudelique de mai 2008 à août 2010

Pour obtenir leur régularisation, du 2 mai 2008 au 7 août 2010, les Sans Papiers travailleurs isolés de la Coordination 75 occupent à Paris l’annexe Eugène Varlin de la Bourse du travail puis des locaux désaffectés de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie rue Baudelique.

Jusqu’au 24 juin 2009, près d’un millier de personnes, hommes, femmes, enfants, se relayent jour et nuit à la Bourse occupée, 85, rue Charlot dans le IIIe.

Violemment expulsés par le service d’ordre de la CGT, ils passent trois semaines sur le trottoir du boulevard du Temple, le long de la Bourse évacuée. Ils négocient leur départ.

Le 17 juillet 2009, ils lancent la nouvelle occupation de l’annexe de la CPAM du 14, rue Baudelique dans le XVIIIe. De nombreux collectifs Sans Papiers y rejoignent la CSP 75 sous l’intulé du Ministère de la Régularisation de Tous les Sans Papiers, inauguré le 26 septembre 2009.

Un an plus tard, sous la pression des autorités préfectorales, la CSP 75 décide de mettre fin à cette occupation longue de plus de deux ans contre la promesse que chaque occupant voit son dossier examiné et ait une chance d’être régularisé. C’est ainsi que les Sans Papiers évacuent volontairement Baudelique le 7 août 2010, 828e et dernier jour d’occupation.

L’occupation a rassemblé jusqu’à 3000 personnes selon les périodes, représentant quelques 24 nationalités. Près de 400 ont été régularisées au cours de ces 27 mois.