Dans la presse : « Forum social mondial 2013 en Tunisie : lutte des femmes, galère de migrants et occupation de territoires » – lesinrocks.com 31/03/13

Forum social mondial 2013 en Tunisie : lutte des femmes, galère de migrants et occupation de territoires

Laure Siegel, lesinrocks.com, 31 mars 2013.

 

Le Forum social mondial 2013 se tenait à Tunis du 26 au 30 mars. Annoncé comme un espace de débat d’idées, d’approfondissement de la réflexion, de formulation de propositions et d’échange d’expériences, nous nous sommes rendus sur place pour vérifier. Troisième épisode.

Dernier jour du Forum social mondial au campus de Tunis. Sous un soleil de plomb, une dizaine de femmes tunisiennes se succèdent pour témoigner à la conférence de l’ATFD (Association tunisienne des femmes pour le développement), pointant toutes “une politique de marginalisation économique et politique des femmes dans toutes les zones, urbaines et rurales” qui s’aggrave depuis l’arrivée d’Ennhada au pouvoir. […]

 

Au Village des migrations, les nerfs sont à vif chez les militants du collectif de régularisation des sans-papiers (voir l’article sur leur marche en Europe en juillet 2012), reconnaissables à leurs gilets jaunes. Le dimanche précédant le forum, l’armateur qui les a emmenés de Gênes à Tunis les a prévenu qu’il ne les ramènerait pas la semaine d’après, voulant éviter une grosse amende. Le risque pour le collectif ? Que les quinze sans-papiers du groupe soient identifiés et bloqués dans un camp de rétention en Tunisie.

 

Onze personnes du groupe, régularisées, ont choisi de repartir en bateau puis de revenir à Tunis en avion pour raconter cette galère. Pierre-Jean, soutien du collectif, est excédé : “C’est ça la convergence des luttes ? Une délégation du Forum social mondial aurait dû être présente en masse pour nous soutenir et peser sur le gouvernement tunisien”. Sissoko, membre actif qui a obtenu ses papiers récemment met en cause l’agence Frontex, qui gère les frontières européennes et les flux migratoires. La Tunisie est un pays test de ce système depuis 2011 et la mise en place de l’opération Hermès, à savoir la surveillance de la Méditerranée entre l’Italie et la Tunisie et l’interception des migrants. (voir l’article de Nawaat) Un enjeu qui tend à devenir criant, illustré par la situation des migrants africains du camp de Choucha dont certains ont pu faire le chemin, plein d’embûches, jusqu’au FSM. En plein désert tunisien, environ 250 personnes dont la demande d’asile a été rejetée subsistent encore dans ce camp de transit depuis leur fuite de la Libye de l’après-Kadhafi. Le Haut Commissariat aux réfugiés a prévu de fermer le camp en juin 2013, laissant ces jeunes hommes dans l’incertitude.

 

Le désert cache aussi les revendications des Sahraouis. Coincé entre la Mauritanie, l’Algérie, le Maroc et l’océan Atlantique, le Sahara occidental peine à trouver un écho sur la scène internationale. Lire la suite…

 

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