Dans la presse : « Des sans-papiers traversent la France à pied pour rencontrer leurs présidents » – observers.france24.com 26/05/10

Des sans-papiers traversent la France à pied pour rencontrer leurs présidents

Moussa B., observers.france24.com, 26 mai 2010.

 

Le 1er mai, quelque 86 travailleurs sans-papiers résidant en région parisienne ont revêtu leur gilet jaune fluorescent pour sillonner, un mois durant, les routes de France. Destination : Nice, où le cortège entend faire valoir sa cause auprès de la quarantaine de chefs d’État et de gouvernement africains attendus dès le 31 mai au sommet France-Afrique. Notre Observateur, qui fait partie du voyage, nous raconte ce long périple.

 

Accompagnés d’une vingtaine de membres d’associations de défense des sans-papiers, les marcheurs espèrent toutefois qu’ils n’auront pas fait ce long voyage pour rien. Avant de quitter Paris, ils ont pris soin d’envoyer au gouvernement français et à tous les dirigeants africains un courrier les avertissant de leur venue au sommet.

 

Dans leur missive, les sans-papiers qui, pour la plupart, paient et déclarent leurs impôts en France, exigent leur régularisation et demandent aux consulats de leurs pays d’origine de ne plus délivrer aux pouvoirs publics français les fameux « laissez-passer » qui autorisent Paris à les expulser. Pour l’heure, seules les autorités maliennes auraient fait savoir qu’elles étaient prêtes à les recevoir lors du sommet.


 

« Nous sentons que les Français nous soutiennent »

J’ai quitté le Mali en 2001 pour rejoindre la France où vivaient des cousins et des amis. Actuellement, je ne travaille pas à cause des papiers. En 2007, j’ai fait une demande de régularisation qui m’a été refusée. Je n’ai obtenu que trois autorisations de séjour de trois mois qui m’ont permis de décrocher des petits boulots dans la restauration, le bâtiment et le nettoyage. Depuis 2008, je n’ai plus rien. Sans papiers et sans travail, ma situation ne risque pas de bouger. Ce n’est pas une vie. Nous voulons juste une vie normale.

 

C’est pour cela que nous avons décidé de marcher jusqu’à Nice : pour y interpeller les chefs d’État africains sur le sort de certains de leurs ressortissants vivant en France.

 

Nous sommes partis de Paris le 1er mai, juste après la manifestation que nous avions organisée rue de Grenelle [où se trouve le ministère de l’Immigration]. Le premier soir, nous nous sommes arrêtés à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), où nous avons tout de suite été bien accueillis par les élus locaux et les comités de soutien aux sans-papiers.

 

Nous marchons 20 kilomètres par jour en moyenne, mais il nous est déjà arrivé de parcourir 40 kilomètres en une seule fois. Le soir, nous dormons et dînons dans les gymnases, les salles des fêtes, les centres d’accueil ou les campings que les municipalités ou les associations mettent à notre disposition. L’accueil est souvent chaleureux et fraternel. Nous sentons que les Français nous soutiennent. Et qu’ils ont compris que nos revendications étaient justes et honnêtes. [Certaines municipalités ont toutefois refusé de recevoir le convoi et ont interdit l’accès des gymnases susceptibles d’héberger les sans-papiers. La population a également pu se montrer hostile, voire agressive, à l’égard des marcheurs. À Villefranche-sur-Saône (Rhône), la police et la Croix-Rouge ont dû intervenir après que l’une des accompagnatrices du cortège a reçu une pierre en pleine tête.] »

 


La marche en photos

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