Compte-rendu : Réunion à la bourse du travail : un compte rendu différent… 30/06/08

francoise riou | 30 juin 2008 – Archive de la liste Pajol.

Réunion à la bourse du travail : un compte rendu différent…

Nous étions donc trois militants soutiens de la CSP 75 à être présents à la réunion du 25 juillet à la bourse, à la demande des sans papiers.
Nous apportons nous aussi des précisions sur ce qui a été dit à cette réunion, et que, curieusement, la représentante de la CGT ne semble pas avoir bien entendu…

Mireille Galano ­ Jacques Gurfinkiel ­ Françoise Riou

ps : je précise mais est-ce nécessaire ? Qu’il est évident que la priorité pour les sans papiers ne peut pas être de faire pression sur les syndicats… Ça ne veut rien dire et ça leur coûte bien trop cher………..
Non, leur priorité est d’obtenir la régularisation de leur situation administrative…. Bien sûr !!!
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REUNION DU 25 JUILLET 2008

COLLECTIFS DE SANS-PAPIERS, SYNDICATS, ASSOCIATIONS

C’est à la demande de la CSP 75 que nous avons assisté, participé à cette réunion. Le compte-rendu fait par Sakina AIT AHMED appelle les remarques suivantes :

– En premier lieu, nous devons dire notre totale désapprobation face à l’agressivité de représentants d’association, (RESF notamment) qui confine à un déchaînement haineux absolument inattendu de la part d’association. Nous avons été choqués par les propos tenus envers les délégués et approuvons totalement le communiqué signé par Sissoko.

– Violaine Carrère (GISTI) a souligné 2 choses importantes :
1/ Selon l’analyse du Gisti, la CGT ne serait pas aussi impliquée aujourd’hui sans l’occupation. Sur ce dernier point, nous constatons que le Gisti partage donc entièrement l’analyse de la CSP75 et par conséquent justifie l’occupation.
On voit par contre une réelle contradiction dans le compte-rendu auquel nous nous référons : d’une part, la Cgt s’attribue tous les mérites mais ne veut pas admettre que son implication ainsi mise en valeur a été provoquée par l’occupation de la Bourse. Or, cette implication actuelle n’a rien eu de spontané !
« – Que c’est la CGT qui a demandé et obtenu l’entrevue auprès du chef du cabinet du Préfet. Que c’est aussi la CGT qui, en oeuvrant toujours pour l’unité d’action a proposé la délégation incluant des syndicalistes, des militants associatifs et des militants de la CSP75. L’ensemble des participants (syndicats et associations) ont redit une fois encore que l’occupation de la Bourse n’est pas efficace »

2/ A l’origine, selon la représentante du Gisti, les associations devaient intervenir comme médiateur entre les syndicats et les occupants de la Bourse. Or, en fait de médiation les quelques associations présentes s’alignent entièrement sur les positions de la CGT.

La configuration de la table de réunion rectangulaire met en scène un véritable face-à-face : associations et syndicats face aux migrants. Ainsi, les associations s’alignent-elles entièrement sur des positions syndicales.
Or, syndicats et associations n’occupent pas la même place dans le champ des luttes. C’est détruire, nier la spécificité des associations qui devraient représenter un espace de liberté, de libre arbitre. On sait de longue date que les syndicats mènent leurs luttes mais ne tolèrent pas l’autonomie des luttes en général et des immigrés en particulier. Et les associations, elles aussi veulent-elles désormais « diriger » les luttes à la place des immigrés?

« Ils ont annoncé le dépôt de 12 nouveaux dossiers ce matin, dont la moitié a été rejetée par la préfecture » nous informe le compte-rendu. Il faut préciser que ces 6 dossiers rejetés concernent des travailleurs tunisiens. La représentante du Gisti dit alors « Si vous nous aviez laissé voir les dossiers on vous aurait dit que ces dossiers n’étaient pas présentables ».
Cette remarque fait encore apparaître un gros malentendu : dans cette procédure exceptionnelle TOUS les dossiers sont à présenter, Guitoun du CSP92 précise bien que dans le 92, ils obtiennent des résultats quelle que soit la nationalité. Il n’est pas question de se référer aux accords bilatéraux ; et puis pourquoi revenir sur cette demande irrecevable de contrôles des dossiers ? Enfin, quiconque a passé quelques moments dans la cour de la Bourse pu voir que si les Africains sont majoritaires, ils ne sont pas seuls à occuper.

Par ailleurs le compte-rendu fait apparaître la présence d’un représentant du PCF qui ne s’est pas présenté et dont nous ignorions la présence. Nous nous interrogeons : pourquoi y avait-il dans cette réunion « syndicats/associations » un représentant du Parti Communiste : était-il mandaté par le PCF ? Par qui a-t-il été invité ? Par la CGT  ? Et pourquoi ?

Mireille Galano , Jacques Gurfinkiel, Françoise Riou

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COMPTE RENDU REUNION CSP75-INTERSYNDICALE-ASSOCIATIONS

Compte rendu de la réunion du 25 juillet 2008: syndicats-associations-collectifs de sans papiers.

Compte rendu fait par Sakina AIT AHMED

Membres présents.
Unions Départementales parisiennes: CFDT (Sonia Buscarini) ­ Solidaires (Isabelle Acouses ) – CGT (Patrick Picard, Christian Khalifa, Sakina Ait Ahmed)
Associations : – LDH (Marie Marin) – AUTREMONDE (Marilyne Poulain) ­ GISTI (Violaine Carrère), RESF (Michel Motu , Brigitte Wieser)
Collectifs : Collectif Coordination 75 : (Evelyne Tchako, Mamadou Drame, Bamba Yaya, Sissoko Anzioumane, Dabo Mankana, Oubadi Djelloul, Diallo Kourdenecam)
CSP 92 (Guitoun), CSP 18 (Agnès Saliou), PCF (Gueye Moustapha), Union D.F.S.(Ly Seydou).
Soutiens « Coordination 75 » /sans papiers (Galano Mireille, Riou Françoise, Jacques Gurfinkiel)

Dans un premier temps, il a été convenu de faire le point entre les syndicats et les associations sur la situation de l’occupation de la bourse du travail et sur l’évolution de la situation sur les piquets de grève.

Sur la situation à la Bourse du travail:

L’idée de soutenir un dépôt de 1500 dossiers de la CSP 75 a été, dans un premier temps, refusée par la préfecture. Puis, il a été mis en place une méthode de travail considérée comme étant acceptable par tous. Donc, suite àux réunions du 04 et 08 juillet 2008, la CSP75 a déposé 597 dossiers.

Pour le moment, la préfecture n’a pas pris d’engagement précis sur le traitement des dossiers déposés par la CSP 75. Toutefois, le front uni (syndicats, associations, collectifs) a fait bouger les lignes, même si pour l’instant il n’y a pas de régularisations,

La CSP75 a pris la première décision de libérer le 3ème et 4ème étage de la bourse du travail permettant ainsi l’accès aux locaux des syndicats. En contrepartie, à la demande des collectifs sans papiers du 11ème et du 18ème, il a été mis à leur disposition une salle des commissions. En réalité, force est de constater que cette salle est occupée par les personnes qui étaient dans les escaliers.

Il a été aussi souligné que la déclaration sous la forme d’un tract de la CSP 75, ne correspond pas à la réalité des faits, d’où la déclaration de la CGT. Par exemple, dans le bilan que tire la CSP 75 de l’occupation de la bourse, elle oublie de préciser :

– Que c’est la CGT qui a demandé et obtenu l’entrevue auprès du chef du cabinet du Préfet

– Que c’est aussi la CGT qui, en oeuvrant toujours pour l’unité d’action a proposé la délégation incluant des syndicalistes, des militants associatifs et des militants de la CSP75.

L’ensemble des participants (syndicats et associations) ont redit une fois encore que l’occupation de la Bourse n’est pas efficace, comme ne l’est pas non plus l’argument de la protection contre les raffles dans la mesure où l’on a constaté un turn over important des occupants de la Bourse du travail.
Il a été proposé de réfléchir à la mise en place « d’un espace dédié pour les collectifs » et ce en discussion avec les municipalités.

Lors de la 2ème réunion incluant les collectifs et leurs soutiens, les responsables de la CSP75 ont confirmé le dépôt de 597 dossiers au titre de la « Vie privée et familiale ». Ils ont annoncé le dépôt de 12 nouveaux dossiers ce matin, dont la moitié a été rejetée par la préfecture. Ils ont déposé globalement entre 602 et 605 dossiers.

Les autres dossiers sont à l’étude, la priorité étant donnée aux militants occupant la bourse depuis le 02 mai 2008. Il reste 700 dossiers à déposer.
Concernant la régularisation sur l’article 40, ils ne peuvent pas fournir d’engagements des patrons: contrats de travail et engagement à payer la taxe anaem.
Les représentants de la CSP75 reprochent aux syndicats et aux associations l’absence d’un deuxième dépôt
Ils regrettent la libération des 3èmes et 4èmes étages, car ils considèrent que peu de militants syndicaux occupent les locaux,alors qu’eux ils ont besoin de plus d’espace

Sur les propositions d’actions :

La SCP 75 propose l’organisation de manifestations unitaires au départ de la Bourse du travail de la rue Charlot. Les syndicats et les associations, s’opposent aux manifestations partant de la bourse du travail qui est le lieu des travailleurs.

La proposition de la mise en place « d’un espace dédié aux sans papiers » a été fermement refusée par les responsables de la CSP75. Suite à une concertation entre les collectifs de sans papiers et leurs soutiens, ils accepteraient éventuellement cette proposition mais à condition qu’une bonne partie de leur effectif continue d’occuper la Bourse du travail.
Pour rappel, les collectifs ont toujours pu disposer de salles à la bourse du travail pour se réunir à chaque fois qu’ils en font la demande.

Les syndicats et les associations considèrent qu’on entre de plus en plus dans des marchandages qui n’ont pas lieu d’être.

En appelant les autres collectifs et les travailleurs sans papiers isolés à venir occuper la bourse en attendant les régularisations, il se confirme bien que la priorité de la CSP75 est de faire pression sur les syndicats.
Par ailleurs, ils ont défié les syndicats en leur demandant de procéder à leur évacuation.

Tout en étant dans le mouvement, la Coordination 75 ne respecte pas les règles communes. L’intersyndicale et les associations se ;demandent s’il reste encore un espace de discussion !

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