Dans la presse : « Trois cents Africains en situation irrégulière occupent une église » – liberation.fr 19/03/96

Trois cents Africains en situation irrégulière occupent une église

François Devinat, liberation.fr, 19 mars 1996.

 


Trois cents personnes d’origine africaine, dont cent seize enfants, ont occupé hier l’église Saint-Ambroise, dans le XIe arrondissement de Paris. Les adultes se sont mis en grève de la faim en réclamant l’obtention d’une carte de séjour.

 

«Quand on va à la préfecture, on nous traite comme des chiens. Depuis les lois Pasqua, nos enfants ne peuvent pas aller à l’école sous prétexte que nous ne sommes pas en situation régulière…» Exprimé par une jeune mère malienne, c’est le désespoir qui semble avoir conduit ces sans-papiers à l’église Saint-Ambroise, «parce qu’il y a assez de place pour nous accueillir et qu’elle se trouve juste à la sortie d’une bouche de métro, dans un quartier facile d’accès», a expliqué leur porte-parole Sambake Mahamadou. Ce dernier affirme avoir agi spontanément, par écoeurement après plusieurs expulsions dans son entourage. Originaires de différents pays (Mali, Guinée, Sénégal, Côte-d’Ivoire, Mauritanie, Togo), les occupants sont arrivés peu à peu au cours de la journée, informés par «le bouche à oreille», selon eux. Tous sont en situation irrégulière, soit parce que leur titre de séjour n’a pas été renouvelé, soit parce que le statut de réfugié politique leur a été refusé.

 

«C’est le résultat d’un cycle terrible créé par les lois Pasqua», disait hier Fodé Sylla, président de SOS Racisme qui, avec l’association Droits devant!, réclamait la nomination d’un médiateur par le ministère de l’Intérieur, en espérant éviter une intervention de la police. Lire la suite…

 

Parmi les sans-papiers figuraient notamment des clandestins ayant des enfants nés en France avant les lois Pasqua ­ et, par conséquent, français selon la loi. Tout en jugeant «intolérable» une situation conduisant ces immigrés à un tel réflexe désespéré, un représentant de l’archevêché chargé des migrants, Yves de Mallmann, a estimé qu’il n’était «pas supportable» que cette situation s’éternise, «pour des raisons de sécurité et d’hygiène, dans un lieu de culte d’abord fait pour accueillir les fidèles du quartier».

 

Publicités